Deux journalistes camerounais, accusés de "faux et d’usage de faux", ont été arrêtés vendredi par la police judiciaire (PJ), a appris lundi l’AFP auprès d’un membre de la PJ qui a requis l’anonymat.
"Ils n’ont pas été arrêtés à cause d’un article de presse, encore moins parce qu’ils sont journalistes, mais bien parce qu’ils avaient fabriqué de faux documents avec lesquels ils posaient des actes incorrects", a affirmé cette source, sans vouloir préciser la nature du "faux" et l’identité des deux journalistes.
De sources concordantes, un des deux journalistes arrêtés est Serge Sabouang, directeur de publication du bimensuel privé La Nation qui avait déjà été détenu pendant près d’une semaine début février à la Direction générale de la recherche extérieure (DGRE), spécialisée dans le renseignement.
L’autre journaliste détenu est Robert Mintsa, patron du Devoir, journal privé à la parution sporadique.
D’après la source policière, "d’autres personnes", des journalistes notamment, "sont recherchées" dans le cadre de cette affaire.
Simon Nko’o, reporter de l’hebdomadaire privé Bebela qui avait été détenu en même temps que M. Sabouang, pourrait faire partie des recherchés, la directrice de son journal Henriette Ekwé affirmant n’avoir pas de ses nouvelles depuis quelques jours.
Il était reproché à MM. Sabouang et Nko’o de détenir "des documents compromettants pour des personnalités de la République, dont le secrétaire général de la présidence Laurent Esso", selon Mme Ekwé.
Deux autres journalistes, dont M. Mintsa, avaient été brièvement interpellés dans le cadre de la même affaire.
Les associations de défense de journalistes, Reporters sans frontières (RSF) et le Comité pour la protection des journalistes (CPJ), avaient protesté contre leur détention en février.
lundi 1er mars 2010