Les ressources dont dispose l’Afrique sont rares. C’est pourquoi, il est nécessaire d’étudier le management afin de les rationaliser de manière à obtenir un résultat. C’est pour aider à cela qu’est lancée la revue africaine de management.
Le paysage médiatique sénégalais vient de s’élargir avec la naissance de la Revue africaine de management (Rama). Ce périodique dont l’objectif est de servir de support à la réflexion sur le management a été lancé samedi. Coédité par l’Institut polytechnique de Dakar Thomas Sankara (Ipd) et l’Association sénégalais des anciens élèves et auditeurs de l’Ena de France (Asena), le Rama est une collaboration entre de hauts cadres de l’Etat et le privé.
Certes, le management public diffère beaucoup du management privé, mais dans ce nouveau contexte de modernisation de l’administration publique et de consolidation de la gouvernance, se développe une nouvelle philosophie de gestion publique qui rapproche l’Etat de l’entreprise privée. Ainsi, cette revue vient combler, selon ses éditeurs, la longue absence d’un espace critique de réflexion sur les sciences du management en Afrique. En outre, elle sert, selon Mame Less Camara, rédacteur en chef technique, de plateforme d’échange mais aussi de support de cours pour les étudiants en management.
Cette revue de promotion de l’enseignement supérieur et de l’intégration permet d’aborder des questions essentielles dans un contexte de perte des repères. Un ancien Premier ministre africain a déclaré sur les ondes d’une radio étrangère qu’« en Afrique, on ne réfléchit pas beaucoup, on passe tout le temps à fêter », a relevé Abdoul Aziz Tall, directeur scientifique de la revue et spécialiste en management. Avis qu’il partage malgré lui. Toutefois, il estime qu’il est temps que l’Afrique réclame sa part en matière de réflexion dans tous les domaines. Selon lui, le progrès est indissociable de la recherche et du développement et la création de la Revue africaine de management participe à la recherche et au développement.
Mais ce périodique fait face à plusieurs défis, si l’on en croit M. Tall. D’abord, « les spécialistes du management sont des produits de structures étrangères, et si nous voulons faire un placage de ce que nous avons appris, il y a risque de disfonctionnement ». Pour éviter cela, il propose une adaptation ; ce à quoi vient répondre cette publication. « Il faut montrer que le management n’est pas seulement une affaire d’Occidentaux. Du moment qu’il signifie la combinaison de ressources en vue d’obtenir des résultats, tout le monde est manager », ajoute-t-il. N’empêche, le management est une discipline qu’il faut apprendre. De l’avis de Serigne Mansour Sy Diamil, qui fait d’ailleurs la Une de ce magazine, la réforme des entreprises pose problème à certains managers. D’où l’importance de la culture et le culte du savoir.
mercredi 24 février 2010