L’ex-président cubain, très présent dans les médias depuis quelques jours, demande à l’ex-président sud-africain de maintenir l’Afrique du Sud à l’écart des Etats-Unis et de l’Otan.
Emission télévisée par-ci, visite d’un aquarium par-là ou encore tribunes multiples dans la presse cubaine : depuis une dizaine de jours, Fidel Castro, âgé de 84 ans et retiré du pouvoir, géré désormais par son frère Raoul, fait un retour en force sur le devant de la scène politique et dans les médias cubains.
Dimanche soir, il s’est ainsi exprimé sur le site internet Cubadebate.cu, relais privilégié du pouvoir cubain. Aucun mot sur la politique intérieure cubaine, et notamment la libération de 52 dissidents, accueillis en milieu de semaine dernière par l’Espagne : Fidel Castro s’est en effet concentré sur la situation diplomatique internationale. Avec, comme toujours ou presque, une pique envers les Etats-Unis.
Guerre nucléaire
En le mettant en garde contre le risque de "catastrophe nucléaire", il a ainsi demandé à Nelson Mandela, l’ancien président sud-africain qui fêtait ce week-end ses 92 ans, d’"exercer son immense autorité morale pour maintenir l’Afrique du Sud à l’écart des bases militaires des Etats-Unis et de l’Otan". "L’humanité est aujourd’hui menacée par le plus grand danger de toute l’histoire de notre espèce. Les amis d’hier de l’apartheid font aujourd’hui assaut de cynisme pour feindre l’amitié", a-t-il lancé.
"Les peuples d’Afrique qui survivraient à la catastrophe nucléaire qui s’approche auront besoin plus que jamais des connaissances scientifiques et des avancées technologiques sud-africaines", souligne encore Fidel Castro. Il estime toutefois que malgré les dangers "l’Humanité peut encore se prémunir des coups destructeurs de la tragédie nucléaire qui s’approche et (de la tragédie) environnementale qui est déjà à l’oeuvre".
Autre sujet abordé : la réaction de Barack Obama à un éventuel conflit armé contre l’Iran qui déboucherait justement en un conflit nucléaire. "Malheureusement, dans tous les éléments de la réalité que je perçois je ne vois pas la moindre possibilité" que le sens commun prévale et qu’on évite la guerre, une réalité qu’ "Obama ne pourra pas modifier et n’a montré à aucun moment la décision de le faire", assène le Lider Maximo. "Cette guerre nucléaire sera la dernière de la préhistoire de notre espèce. Je pense qu’il serait beaucoup plus réaliste que nos peuples se préparent à affronter cette réalité. C’est en cela que réside notre unique espoir", conclut-il.
mardi 20 juillet 2010