Miriam Makeba n’est plus

L’un des symboles de la lutte contre l’apartheid, Miriam Makeba, est morte hier soir à l’âge de 76 ans, d’une crise cardiaque, près de Naples, en Italie. La chanteuse sud-africaine, connue également sous le nom de Mama Africa, venait de participer à un concert de soutien à l’écrivain Roberto Saviano, menacé par la mafia. Elle s’est effondrée en coulisses, juste après avoir chanté.

La célèbre chanteuse sud-africaine donnait ce concert dans le cadre d’un spectacle contre la Camorra et le racisme, et pour soutenir l’écrivain napolitain Roberto Saviano, âgé de 29 ans, qui depuis le succès mondial de son livre-enquête Gomorra est menacé de mort par la mafia.

Hier soir, Miriam Makeba était la dernière artiste à monter sur scène vers 21h30, après le passage d’autres chanteurs. Devant un public restreint mais très enthousiaste, elle a chanté pendant une demi-heure, accompagnée de sept musiciens, donnant toute son énergie pour ce concert auquel elle n’a pas voulu renoncer malgré son état fiévreux.

Dès qu’elle est rentrée en coulisse, elle s’est évanouie. Son agent italien a immédiatement compris que la situation était préoccupante. Une ambulance l’a transportée en toute hâte dans une clinique de Castel Volturno où les médecins ont diagnostiqué une crise cardiaque.

Après avoir reçu les premiers soins d’urgence, « Mama Africa » semblait se reprendre, mais elle a succombé à une seconde crise cardiaque, laissant comme tout dernier souvenir les images de son visage solaire et si souriant sur la scène d’une petite ville napolitaine.

Née à Johannesburg en 1932, cette grande dame de la musique a embrassé à 20 ans une carrière de chanteuse qu’elle ne quittera plus. Sa chanson « Pata Pata », écrite en 1956 a, par exemple, fait le tour du monde.

Elle paiera son engagement politique et sa dénonciation du régime raciste de l’apartheid au prix d’un exil de 31 ans aux Etats-Unis et ne retrouvera son pays natal qu’en 1990, à la libération de Nelson Mandela.

Après une tournée d’adieu en 2005, Miriam Makeba s’était depuis engagée dans différentes causes humanitaires, notamment dans la lutte contre le sida, sans pour autant s’arrêter de chanter.

 

par Guy powo

Qu'en pensez-vous ?

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Il n'y a pas encore de commentaire.