tsisekedi Agence de la transition écologique et de développement durable en RDC
Afrique

Création par Tshisekedi d’une agence écologique et développement durable; Luxe ou nécessite?

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Avis et explications de Guillaume Manga Etame, expert en développement durable pour la Commission Européenne. Il nous livre son sentiment sur l’ordonnance qui vient d’être publié et qui porte création de l’Agence Congolaise de la transition écologique et développement durable par le président Felix Tshisekedi.

Une Agence de la transition écologique et de développement durable en RDC : un luxe ou une nécessité dans la situation actuelle du pays?


En 1800, l’humanité comptait 900 millions d’âmes. Rendu en 2020, notre planète abrite désormais 7,8 milliards d’habitants. Cette croissance exponentielle de la population s’accompagne forcément d’une augmentation de la demande de biens et de services et de modes de production qui entraînent des désordres environnementaux et sociaux. La RDC hélas n’en est pas dispensée. Les gouvernants Sub-sahariens quelles qu’ils soient vont inévitablement entrer dans une période transitoire et repenser l’ensemble de leurs activités, de leur process et de leur rapports à la croissance et au bien-être des populations. La légistique et l’effort législatif sur ces questions devront les y accompagner.

Ce n’est pas un pari de l’orgueil, c’est le pari de la survie de notre espèce.

De nombreux acteurs nonétatiques, des organisations du tiers-secteur africain sont déjà engagés de différentes manières dans cette transition. L’originalité du pragmatisme de S.E. Félix TSHISEKEDI c’est d’avoir eu la clairvoyance de sortir de cette orthodoxie ambiante de certains pays du continent africain qui consiste à pérorer sur le développement durable sans la moindre mesure incitative, coercitive, punitive ou pédagogique. En donnant un visage et une âme à son ambition écologique il passe du simple symbole à l’«act now». C’est incontestablement un pas majeur dans la direction du bien-être des Congolais et des Congolaises. Il ne fait aucun doute que l’arsenal juridique inhérent à l’ambition écologique et au développement durable va aussi évoluer en RDC pour donner du sens aux prérogatives de cette nouvelle agence.

Quels sont les défis fonctionnels et organisationnels qui attendent les différents responsables de cette agence?

Cette institution devra se préoccuper en tout premier lieu de rendre réel un « diagnostic de vulnérabilité ». Celui-ci permettra surtout d’avoir une feuille de route pour définir les objectifs et les enjeux prioritaires à mettre en œuvre et mobiliser l’ensemble des acteurs Congolais. Dans ce travail, l’Agence devra avoir à l’esprit l’importance de modéliser l’impact du
changement climatique d’origine anthropique sur les écosystèmes, nécessaire pour toute étude d’impact. Car ne perdons pas de vue que deux attentes cruciales que sont la production des données climatiques simulées du futur par un ensemble de modèles climatiques globaux de grande échelle en fonction de plusieurs scenarios et l’utilisation de ces données climatiques dans la cadre de leur régionalisation.

Les environnementalistes et les climatologues parlent souvent de descente d’échelle. Pour un vaste pays à 2 fuseaux horaires comme la RDC, il est encore plus pertinent de customiser, région par région, l’impact des changements climatique induits.

J’ajoute aussi un point très important à mes yeux. C’est l’impulsion de la dynamique au sommet de l’Etat. Il est souvent très apprécié que des exécutifs voire le sommet de l’Etat amene régulièrement les collectivités à réfléchir aux impacts des changements climatiques et à leur stratégie d’adaptation. Cela permet aux collectivités de réaliser un diagnostic des
conséquences du changement climatique sur leur territoire. D’où l’intérêt d’avoir des personnes ressources dans ces collectivités et qui soient formées par l’agence.

Guillaume Manga Etame capitalise une expérience significative auprès des entreprises privées et des gouvernements locaux. Il est aujourd’hui intervenant invité auprès du réseau des écoles d’ingénieurs du CESI (centre des études supérieures industrielles) sur l’ensemble du territoire Français.

Dans vos différentes conférences vous défendez l’idée que de tels outils peuvent aider à promouvoir l’attrait du pays. Peut-il en être de même pour la RDC?

Nous sommes rendus à un moment où la bienveillance écologique, énergétique et climatique ainsi que la préservation d’un cadre de vie sain sont devenues des atouts majeurs pour séduire des investisseurs éthiques de plus en plus nombreux, des éco-touristes de plus en plus influents, de grands évènements de plus en plus rentable pour les économies
présentielles. Par ailleurs, le changement climatique et les dérèglements environnementaux ne font en général qu’accentuer des fragilités déjà existantes sur un territoire. S’en préoccuper et y faire face c’est pour ainsi dire inverser la courbe des vulnérabilités.

De plus en plus d’investissements socialement responsables sont à la base des stratégies de croissance des états ambitieux.

Lesdites stratégies sont aussi devenues des leviers non-négligeables
pour une cohésion sociale encore plus fortes et aide au recul de la pauvreté. Derrière la notion d’attractivité il ne faut jamais perdre l’idée que l’immatérialité de ce qu’ont récent à être sur un lieu est davantage corrélée à la projection intime de chacun de s’y accomplir.

Regardez comment le Danemark est devenu un modèle en la matière. Avec le city branding « C(open)hagen » on y vient de plus pour vivre et s’immerger dans cet art de vivre qu’est le « hygge » que pour voir la statue sirène. L’art de vire a supplanté la simple contemplation d’une sculpture fut-elle jolie. L’art de vivre, encore lui, attire du monde et augmente le niveau de vie et bien-être des populations locales.

Pourquoi les aménagements écologiques ne profileraient pas la luxuriante forêt congolaise ou l’accueillante population de rdc comme des voies d’accès à la sérénité dans un monde qui en a bien besoin. Il y a derrière cette création d’Agence un boulevard menant à des innovations sociales
importantes.

Il y a chez vous beaucoup de points de convergence avec la vison écologique de Madame Marie-Pascale Malanda Diatuka, nouvelle Coordinatrice de l’Agence Congolaise de Transition Ecologique. Comptez-vous accompagner le gouvernement Congolais dans la mise en route de cette préoccupation d’éco-gouvernance ?

Il ne m’appartient pas de prendre une telle décision. Vous vous en doutez bien. Le choix des hommes est une question qui relève de la souveraineté de l’exécutif congolais. Mais il est évident que c’est assez excitant de travailler à l’avènement d’une société éco-résiliente et normée sur le plan écologique dès lors que la conscience écologique et la bienveillance
environnementale sont affichées à ce point par des gouvernants. Ma porte est ouverte.

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