Le 18 avril prochain, à Schaerbeek, une question apparemment anodine promet de fissurer bien des certitudes : « D’où viens-tu quand tu parles ? » Derrière cette interrogation, une réalité complexe que la rencontre-débat organisée par BAM TV et BelAfrika Media entend bien mettre en lumière. Car la langue, loin d’être un simple outil, est souvent un passeport social… ou un marqueur invisible.
Parler, c’est déjà appartenir
À une époque où les débats sur l’identité traversent aussi bien les plateaux télé que les conversations de comptoir, cet événement propose de revenir à l’essentiel : la parole elle-même. Accents, choix de mots, intonations… autant de détails qui racontent une trajectoire, parfois malgré soi. La langue devient alors un marqueur social puissant, révélant des appartenances souvent invisibles.
À l’Espace Rasquinet, le public est invité à explorer ces mécanismes souvent inconscients. Pourquoi certaines façons de parler sont-elles valorisées, quand d’autres sont stigmatisées ? Et surtout, qui décide de ces normes ? Autant de questions qui trouvent un écho particulier dans une ville comme Bruxelles, carrefour linguistique et culturel par excellence.
Déconstruire les évidences
L’événement ne se contente pas de poser des questions : il ambitionne de bousculer les évidences. À travers des échanges ouverts et des regards croisés, la rencontre entend démonter les stéréotypes liés aux langues et aux migrations. Une démarche qui s’inscrit dans une réflexion plus large sur l’inclusivité, un terme souvent galvaudé, mais ici abordé de manière concrète.
Car derrière chaque accent se cache une histoire, parfois marquée par l’exil, l’adaptation ou la résistance. Loin des clichés, cette rencontre propose de redonner à ces récits leur complexité. Un enjeu d’autant plus crucial dans un contexte européen où les questions migratoires restent au cœur des tensions politiques.
Un espace de dialogue nécessaire
Ce type d’initiative rappelle que la culture ne se limite pas aux œuvres exposées dans les musées ou aux spectacles programmés sur scène. Elle se niche aussi dans les interactions quotidiennes, dans la manière dont on se parle et dont on écoute. En ce sens, la rencontre du 18 avril s’inscrit dans une tradition de débats citoyens qui, depuis les cafés philosophiques des Lumières jusqu’aux forums contemporains, tentent de faire dialoguer les différences plutôt que de les opposer.
Gratuite mais sur inscription, la soirée promet un espace où la parole circule librement, sans hiérarchie préétablie. Une ambition louable, même si l’exercice reste délicat : parler d’identité sans enfermer, déconstruire sans simplifier, écouter sans juger.
Une invitation à se (re)définir
Cette rencontre ne cherche pas tant à apporter des réponses qu’à ouvrir des pistes. En mettant en lumière les liens entre langue, migration et perception sociale, elle invite surtout à questionner ce que l’on considère comme évident.
Samedi 18 avril 2026 | 17h – 20h —Espace Rasquinet – Pus d’informations sur l’évènement ici 👈







