Du 5 au 25 février 2026, à Bruxelles et en Wallonie 

Peut-on encore parler de culture sans parler de nourriture ? À l’heure où les crises climatiques, agricoles et sociales s’entremêlent, le Festival ALIMENTERRE revient pour sa 18ᵉ édition et rappelle que ce que nous mangeons est éminemment politique.

Dans la sélection de cette année, on retrouve deux films incontournables : Roger Dushime et Sammy Baloji, qui explorent la cuisine afro‑descendante en Belgique et l’écologie décolonisée en RDC.

Un festival engagé, ancré dans le réel

Porté par l’ONG Humundi, active depuis plus de 60 ans dans la lutte contre les inégalités et pour la transition agroécologique, ALIMENTERRE s’impose comme un rendez-vous culturel à part, à la croisée de la création documentaire, de la médiation culturelle et de l’éducation permanente. La formule reste fidèle à son succès : un week-end d’ouverture au Cinéma Vendôme à Bruxelles, suivi d’une diffusion élargie dans de nombreuses villes de Wallonie et de la Région bruxelloise, grâce à un réseau dense de partenaires culturels et associatifs.

Ouverture du festival

La soirée d’ouverture a lieu jeudi 5 février au Cinéma Vendôme avec la projection du film Images de Tuvalu, suivie d’échanges sur l’aveuglement climatique, d’une intervention théâtrale, de lectures éco‑poétiques et d’un buffet afro‑food, pour allier réflexion et convivialité dès le lancement.

Des films pour comprendre un monde sous pression

Au cœur de la sélection, 20 films internationaux explorent les dérives et les alternatives des systèmes alimentaires contemporains, de l’Afrique à l’Asie, de l’Europe à l’Amérique latine. Les thématiques abordées incluent l’accaparement des terres, la souveraineté alimentaire, le changement climatique et la précarité alimentaire.

20 films, 75 projections, un territoire en réseau

Au programme : 20 films internationaux (documentaires, animations, fictions, courts et longs métrages) répartis sur 75 projections en Belgique, dans des cinémas, centres culturels, fermes, habitats groupés et tiers-lieux, de Bruxelles à Libramont, d’Ath à Malmedy. Les projections mettent en lumière les liens entre alimentation, agriculture et changement climatique, et proposent des moments de dialogue sur les tensions sociales et géopolitiques actuelles.

Thématiques au cœur des débats

La programmation 2026 explore la justice climatique, la santé environnementale, l’afro-food, le lobbying agroalimentaire, l’écologie décoloniale, les mobilisations citoyennes, le bien-être animal, le pastoralisme ou la souveraineté alimentaire au Proche-Orient. Les marraines de cette édition, Adélaïde Charlier et Youna Marette, incarnent cette volonté de croiser luttes environnementales et questions de société.

Roger Dushime : Roots and Plates, une histoire de la cuisine afro en Belgique

Le documentaire Roots and Plates de Roger Dushime nous embarque dans un voyage sensible au cœur des cuisines afro‑descendantes en Belgique, explorant la richesse des héritages afro‑belges à travers la nourriture et les récits de celles et ceux qui font vivre ces traditions culinaires. Présenté au Vendôme dimanche 8 février avec une projection accompagnée d’un buffet afro‑food concocté par Occupation du Bonheur, la séance se prolonge par un échange sur « Cuisines afro‑descendantes et durabilité » en compagnie d’anthropologues et du réalisateur lui‑même, pour penser ensemble les liens entre identité, alimentation et durabilité. Roots and Plates est programmé 4 fois pendant le festival, offrant plusieurs occasions de découvrir ce regard délicat et profond sur l’afro‑food en Belgique.

Sammy Baloji : L’Arbre de l’Authenticité

En point d’orgue de la programmation, L’Arbre de l’Authenticité de Sammy Baloji est un documentaire puissant qui tisse les liens entre héritage colonial, milieu naturel et enjeux écologiques contemporains. À travers les témoignages et les vestiges d’une station de recherche en RDC, le film met en lumière les conséquences durables de la colonisation sur l’environnement et les sociétés locales. Diffusé 5 fois pendant le festival, il est notamment projeté lors de la soirée de clôture le 25 février au Vendôme, suivie d’un repas en salle et d’un échange avec le réalisateur, Youna Marette et Gia Abrassart, pour approfondir les discussions autour de l’écologie décolonisée.

« Champ libre » : la relève derrière la caméra

Autre temps fort de l’édition 2026 : le concours de courts-métrages “Champ libre”, destiné aux jeunes cinéastes de 18 à 30 ans. Ce dispositif offre une tribune à de nouvelles voix, invitées à poser un regard personnel sur les enjeux alimentaires contemporains. Le film lauréat bénéficiera d’un accompagnement financier et d’une opportunité de tournage à l’international, en lien avec les partenaires de Humundi .

Après Bruxelles, ALIMENTERRE sillonne la Wallonie jusqu’au 25 février, y compris dans des fermes et lieux agricoles, avant de se décliner à l’international. Plus qu’un festival de films, il s’affirme comme un espace de réflexion collective sur notre rapport à la terre, à la nourriture et au monde.

Infos et billetterie : festivalalimenterre.be/programme