Le 25 avril 2026, le VK Vaartkapoen accueillera la quatrième édition du Sound’n Souls Festival, un rendez-vous qui s’installe, sans tapage mais avec constance, dans le paysage culturel bruxellois. À rebours des programmations standardisées, l’événement continue de creuser un sillon clair : offrir une scène aux artistes afro-descendant·e·s émergent·e·s, en mettant particulièrement en lumière les femmes et les personnes non-binaires.
Un festival né d’un manque
Derrière Sound’n Souls, il y a une vision. Celle de sa fondatrice, Eunice Batha, qui imagine depuis 2022 un espace capable de faire coexister musique, arts visuels et réflexion critique, tout en mettant en lumière des artistes encore trop peu visibles sur les scènes belges.
Le projet part d’un constat que beaucoup partagent sans toujours y répondre : certaines voix restent sous-représentées. Ici, pas de diversité de façade. Sound’n Souls repose sur une ligne artistique cohérente, pensée comme un espace de visibilité durable plutôt qu’un simple effet d’annonce.
Dans une ville comme Bruxelles, où les scènes alternatives se multiplient, le festival s’inscrit dans une dynamique proche de celle de plateformes comme Afropunk : faire émerger des récits, sans attendre leur validation par les circuits dominants.
Une expérience hybride et immersive
Plus qu’un enchaînement de concerts, le festival se pense comme un espace de circulation. L’après-midi s’ouvre sur une exposition et un marché mettant en avant artistes visuel·le·s et créateur·rice·s, avant de laisser place à des discussions autour des enjeux de l’industrie musicale. En soirée, les lives et DJ sets prennent le relais.
Côté arts visuels, des artistes comme Clémence Iloo, Mejilys, Mira Loembet ou encore Nina Chinasa explorent des questions d’identité, de mémoire et de représentation à travers la peinture, la photographie ou le collage. Une présence qui élargit le propos du festival au-delà du son, en ancrant les récits dans l’image.
Cette structure éclatée évite l’effet “scène unique” souvent figé. On passe d’une performance à une conversation, d’une œuvre à une rencontre. Le festival devient alors moins un programme qu’un environnement.
Sudyla, trajectoire en pleine ascension
Parmi les artistes à suivre cette année, Sudyla s’impose comme une évidence dans la programmation. Entre la Guinée-Bissau, le Cap-Vert, Lisbonne et Bruxelles, elle développe un univers musical à la croisée des influences, mêlant pop, sonorités urbaines et héritages afro.
Son nom ne surgit pas de nulle part. Elle figurait récemment parmi les cinq finalistes des Golden Afro Artistic Awards, confirmant une visibilité grandissante sur la scène belge et un intérêt déjà bien installé autour de son projet.
Sur scène, elle déploie une présence à la fois douce et magnétique, naviguant entre introspection et ouverture. Une artiste en mouvement, dont l’univers continue de se déployer avec assurance.
Entre introspection et énergie collective
La programmation musicale joue sur les contrastes. Des artistes comme Esperanza ou Rapha développent des univers sensibles, presque introspectifs, , tandis que Kynato explore des territoires plus hybrides, entre sonorités alternatives, énergie brute et esthétique affirmée.
En fin de soirée, les DJ sets de Ninette et Tutumimi prolongent cette dynamique avec des sélections naviguant entre afro house, amapiano, gqom et rythmes électroniques.
Le dancefloor devient alors un espace collectif, où la musique dépasse le simple divertissement pour devenir une expérience partagée.
Penser aussi l’envers du décor
Sound’n Souls ne s’arrête pas à la scène. En intégrant des discussions autour de l’entrepreneuriat et des réalités professionnelles, le festival ouvre une réflexion plus large sur l’industrie musicale.
À l’affiche de ce temps d’échange : Serena Sindani, passée par les rouages de majors avant de lancer sa propre structure, Ms Mavy, DJ et productrice à l’origine de la plateforme Afro Plug, et Céline Kayogera, consultante et figure active de l’accompagnement dans le rap belge.
Car montrer ne suffit pas toujours. Encore faut-il comprendre comment les carrières se construisent, comment les réseaux se tissent, et pourquoi certains parcours restent plus visibles que d’autres.
Grandir sans se perdre
Avec cette quatrième édition, le festival confirme sa montée en puissance. Plus structuré, plus identifié, mais toujours attaché à son format accessible et à son ancrage local. Pas besoin d’en faire plus : le festival sait déjà où il va.
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