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Get Out – le racisme en tant que monstre ultime

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Comment rester indifférent après avoir regardé get out?

Jordan Peele, acteur comique très connu aux États-Unis, a récemment présenté son tout premier film, « Get Out », au festival de Sundance. Un thriller qui raconte l’histoire de Chris (Daniel Kaluuya), un jeune homme noir, qui va visiter pour la première fois la famille blanche de sa copine Rose (Allison Williams). Le film présente, sous l’apparence d’un film de genre, les problèmes de la société actuelle face au racisme. Il faut bien préciser que l’idée du long-métrage fut née pendant la présidence de Barack Obama et bien avant que le mouvement activiste Black Lives Matter soit créé.

Peele admet qu’il est un grand fan des films d’horreur – Halloween (John Carpenter, 1978) est d’ailleurs un de ses films préférés – ce qui explique son changement de registre.

Get Out est un film qui ne laisse pas indifférent. Il a rencontré un véritable succès lors de sa sortie en salles – le film a récolté plus de 33 millions de dollars américains pendant le premier week-end de sa sortie au cinéma

Qu’est ce qui explique ce succès?

Tout d’abord, par sa thématique et son scénario. Les bons thriller représentent les peurs réelles de la société : The Amityville Horror (Stuart Rosenberg, 1979) par exemple, reflète la peur de la société de l’époque de ne pas avoir les moyens pour acheter un appartement, raison pour laquelle les personnages achètent à prix réduit une maison dans laquelle il y a eu des meurtres.

Quand au film de Peele, ce sont les tensions raciales aux États-Unis qui sont à la base – il faut rappeler que 138 personnes noires avaient été tuées par la police dans cette première moitié d’année (sous Obama). Il s’agit d’un thème délicat, d’autant plus que personne n’admet volontairement qu’elle est raciste, mais c’est indéniable que le racisme est encore présent dans la société américaine et européenne.

Ce qui fonctionne dans le scénario de Get Out c’est qu’il n’est pas uniquement dirigé vers les spectateurs afro-américains. Le scénario est mené de telle façon que n’importe qui peut s’identifier aux protagonistes. C’est intéressant de remarquer que Peele a choisi Kaluuya – un acteur britannique – après avoir pris conscience du fait que le racisme est un problème universel, qui touche aussi d’autres pays.

Le réalisateur connaît les codes des des films d’horreur et s’en sert à volonté : Peele joue avec les clichés du cinéma de genre thriller de façon très intelligente. Pour exemple, le moment où les protagonistes roulent en voiture et percuttent un cerf qui se jette devant le véhicule. Un classique dans les thrillers d’écraser un animal en voiture, provoquant ainsi un « jump scare » – procédé par lequel une image soudaine est montrée, accompagnée d’un fort bruit qui fait sursauter le spectateur. Mais si dans la plupart des films, les jump scares ne servent qu’à effrayer, ici il y a une finalité bien précise (spoiler ).

Petit abus cependant de « jump scares » au moment où le jardinier court vers Chris et au dernier moment tourne vers la droite pour continuer sa course. une scène qui ne semble pas indispensable .

Un excellent Lil Rel Howery

Le film fonctionne très bien grâce notamment aux moments de détente menés par Rod (Lil Rel Howery), l’ami de Chris. Chaque scène où il est présent se transforme en sketch où le spectateur ne peut s’empêcher de rigoler. Le mélange du comique dans un film d’horreur ne fonctionne pas souvent très bien, mais dans les dialogues de Get Out nous apprécions en toile de fond, la carrière comique de son réalisateur et scénariste. Il est intéressant de remarquer la façon dont le réalisateur s’approprie des codes de l’horreur et les pousse à l’extrême, provoquant même un sourire pendant le climax du film (spoiler ) tout en gardant l’ambiance stressante.

 les codes du film d’horreur sont déjà présents dès les premières minutes du long-métrage. La mise-en-scène tout au long du film est très travaillée. Le spectateur ressent, en même temps que le personnage principal, que quelque chose de bizarre se passe, mais il ne sait pas de quoi il s’agit.

Get Out est un thriller bien réussi. C’est surprenant de voir un premier film d’un réalisateur aussi bien mené. Le jeu d’acteur et la mise-en-scène et surtout le scénario sont des éléments qui expliquent le succès du film. En traitant le racisme comme la source primaire de l’horreur, Jordan Peele fait un commentaire de la société actuelle – Un message perturbant qui accompagne le spectateur en rentrant chez lui. Comment rester indifférent après avoir regardé Get Out?

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