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Belgique- Cameroun : La communauté camerounaise de Belgique s’organise

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Par Lydie Seuleu (camer.be)

Cartel, le réseau d’associations camerounaises et amis du Cameroun établies en Belgique a été officiellement lancé le 04 septembre 2011 à Bruxelles lors d’une réunion à laquelle ont participé plusieurs associations camerounaises.

Son vice président Victor Tchemtchoua, chercheur doctorant au Laboratoire de Biologie des Tissus Conjonctifs de l’université libre de Liege s’est exprimé et nous parle de long en large de cartel association.

Présentez nous Cartel pour la bonne gouverne de nos lecteurs et lectrices ?

Les discussions visant à organiser et ré-dynamiser la communauté camerounaise de Belgique ont débuté en février 2010 et ont débouché en novembre de la même année sur la mise sur pied de l’association sans but lucratif CARTEL dont je suis le co-fondateur avec Narcisse Mboumi, Nel Tsopo, Nana Willy et Tedadjio Stephen. Elle est établit en Belgique et s’est donnée pour missions (1) de fédérer les actions et initiatives du milieu associatif camerounais ; (2) d’établir des ponts inter-communautaires, et (3) par dessus tout de contribuer à l’intégration et au renfort de la cohésion sociale en Belgique.

L’association développe des stratégies pour une collaboration efficace entre les différents acteurs de la communauté camerounaise de Belgique. Cartel compte aujourd’hui de nombreux membres et reste ouverte à toute personne épousant nos objectifs.

Quelle est concrètement la particularité de Cartel ?

La particularité du Cartel a été d’initier l’organisation de la communauté par la mise sur pied des projets fédérateurs. Ces projets nous ont permis de sensibiliser la communauté sur la nécessité de s’organiser mais aussi de se mobiliser. Nous avons animé et continuons de le faire des séances d’informations dans les grandes villes de Belgique. Je saisis cette occasion pour informer les associations et acteurs sociaux camerounais établis en Belgique, sur la possibilité d’organiser une séance d’échange avec les responsable de Cartel portant sur des sujets aussi variés tels nos objectifs, nos projets fédérateurs, le réseau des associations camerounaises de Belgique, etc…

Pourquoi avez-vous choisi le nom cartel ?

Le nom cartel a été choisi parce qu’il matérialisait le mieux l’esprit du projet. Pour nous cela signifie réseau, bloc soudé, solidarité interne.

L’un de vos objectifs est de rassembler la diaspora camerounaise de Belgique à travers des projets fédérateurs. Qu’entendez-vous concrètement par projets fédérateurs ?

Les projets mis sur pied par notre a.s.b.l sont dits « fédérateurs » puisqu’ils permettent à plusieurs associations et acteurs sociaux établis en Belgique de travailler ensemble. Nous avons estimé au sein de l’association que, permettre aux associations de se rencontrer régulièrement pour mener ensemble des activités faciliterait la connaissance mutuelle et le développement des collaborations. Ainsi, habituées à travailler ensemble, ces associations se mettraient beaucoup plus facilement en réseau afin de renforcer leur capacité et davantage promouvoir la solidarité interne.

Quels sont les projets prioritaires que vous souhaiteriez préconiser ? Pourquoi ?

Actuellement, trois projets sont en cours de réalisation ou d’étude : (1) le championnat de football, (2) le magazine K’MER Belgium et (3 )la radio en ligne Cartel FM. Comme vous le savez autant que moi, le Cameroun est une nation de football et la mise sur pied d’un championnat annuel de football nous semblait opportun pour rassembler les camerounais et amis du Cameroun. La première saison, clôturée le 30 juillet 2011, a été remportée par l’équipe AFRO CLEB d’HASSELT. J’en profite d’ailleurs pour inviter toutes les associations et regroupements de camerounais qui n’ont pas encore franchis le pas à se joindre à nous pour la saison 2012.

En vous écoutant, je m’imagine que le championnat n’est pas si connu du grand public camerounais en Belgique. Alors, quelle(s) difficulté(s) avez-vous rencontrée(s) lors du lancement de ce championnat ?

Lors du lancement de ce championnat, l’une des difficultés fut d’entrer en contact avec les leaders d’associations et acteurs socio-culturels camerounais, d’où l’idée de mettre sur pied le Magazine annuel K’MER Belgium (le guide des associations et entreprises camerounaises de Belgique), qui permettra de donner une meilleure visibilité aux associations et entreprises camerounaises ainsi qu’à leurs activités.

En quoi sera utile le magazine K’MER Belgium ?

Ce magazine sera aussi un outil d´information et de communication entre les associations Camerounaises membres du réseau Cartel aussi bien avec la communauté Camerounaise qu’avec les partenaires belges. J’en profite pour inviter toute personne ou structure (associations, entreprises, commerces et coin détente de camerounais) désireuse d’y participer à nous contacter à l’adresse électronique :

cartel_asbl@yahoo.fr .

Quelles seront les missions de la radio Cartel FM ?

La radio Cartel FM, actuellement en étude pour une diffusion en direct sur la toile, aura pour vocation la promotion culturelle et plus particulièrement musicale et événementielle. Pour le moment nous diffusons à travers les média en ligne de partage audio-visuel. Nous pourrons éventuellement étendre notre champ d’action en fonction des besoins et des collaborations que nous développerons pour renforcer nos capacités.

En Allemagne, les grandes associations camerounaises sont assez expérimentées en ce qui concerne le regroupement de ressources humaines pour mettre sur pied des projets concrets ? Qu’en est-il du cas de la Belgique ?

La communauté camerounaise d’Allemagne est considérée comme la mieux organisée d’Europe, avec de grandes associations actives tant en Allemagne qu’au Cameroun. En Belgique tel n’est pas encore le cas. Nos projets actuels ont pour but principal de rassembler et surtout de ré-dynamiser la communauté camerounaise. Une fois ce pas franchi, nous nous tournerons vers des projets socio-économiques ayant une plus value d’une part pour la communauté et d’autres parts pour le Cameroun. Nous espérons qu’à cette étape la communauté saura faire bloc. C’est d’ailleurs l’occasion pour moi, au nom de l’asbl Cartel, de remercier tous ceux et toutes celles qui ont cru dès la première heure à cette initiative et qui s’activent au quotidien de façon bénévole, malgré les emplois de temps surchargés, pour qu’ensemble nous puissions bâtir une communauté camerounaise forte en Belgique.

Les pays voisins pourraient s’y inspirer, quelle a été la motivation à le faire ? et quels conseils pouvez-vous les donner ?

La motivation de lancer un réseau des associations camerounaises vient du fait qu’en Belgique il existe un nombre incalculable d’associations et collectifs de camerounais fonctionnant très souvent de façon isolée. Par ailleurs, les chiffres obtenus auprès de l’office des étrangers indiquent qu’en 10 ans la population camerounaise vivant en Belgique a été quadruplée atteignant les 10.000 personnes. En plus, les immigrés camerounais sont classés parmi les mieux intégrés intellectuellement, professionnellement et socialement en Belgique. Et malgré tout ce qui précède, nous constatons une absence d’organisation de celle-ci ce qui limite considérable sa capacité à affronter les problèmes communs de camerounais, mais aussi à initier ou participer à des projets de développement. Voilà tant de raisons qui nous ont amené à créer un réseau associatif qui va mener le débat sur la ré-dynamisation de la communauté et surtout encadrer sa participation au développement socio-économique du Cameroun.

Aux ressortissants d’autres pays voisins qui voudraient s’inspirer de notre exemple, je leur conseillerai d’accorder une place primordiale aux échanges d’idées et partage d’expériences. Le gros piège étant de se focaliser sur des dates limites au détriment des discussions constructives, car la compréhension des objectifs fixés facilite une implication active de tous. Et enfin, faire abstraction des polémiques inutiles qui peuvent détourner des objectifs principaux.

Comment s’annonce l’année 2012 en Belgique sur le plan du championnat de football africain qui est votre premier projet ?

La deuxième édition s’annonce d’ores et déjà sous de meilleurs auspices avec d’une part le parrainage officiel de l’international camerounais Aurélien CHEDJOU, joueur de Lille (France)et d’autres parts le partenariat en cours d’élaboration avec les autorités belges, plus exactement l’échevinat des sports de Bruxelles et le ministère des sports de la communauté française de Belgique.

Avez-vous un dernier mot pour la communauté camerounaise de Belgique ?

Nous exhortons la communauté camerounaise à prendre conscience de son potentiel à pouvoir prendre en main sa destinée en Belgique, et à participer aux orientations socio-économiques futures du Cameroun.

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