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Olivette Otele, première professeure d’histoire de l’esclavage des universités anglaises

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L’université de Bristol vient de franchir un cap dans son processus de décolonisation des esprits

Cette femme camerounaise d’origine, spécialisée dans l’histoire coloniale et postcoloniale, sera à partir du 1er janvier 2020, chargée d’expliquer la participation de la ville de Bristol dans le commerce transatlantique des esclaves. Elle sera basée au département d’histoire de l’université et au « Centre for Black Humanities ».

Les travaux d’Olivette Otele portent sur les divers héritages du passé colonial, la compréhension des traumatismes, le rétablissement, mais aussi l’amnésie et le rechignement à aborder divers aspects de l’héritage colonial. Ces thèmes font l’objet de ses recherches depuis près de 20 ans.

Judith Squires, professeure et vice-chanceliere de l’université de Bristol, reconnait que l’université n’est pas directement bénéficiaire de la traite négrière, mais qu’elle a indirectement bénéficié d’un soutien financier grâce au soutien philanthropique de familles qui avaient gagné de l’argent auprès d’entreprises impliquées dans la traite transatlantique

Selon le journal britannique The Guardian, les navires de Bristol ont fait l’échange d’esclaves avant 1698 ; en effet, les marchands de Bristol ont financé plus de 2 000 voyages d’esclavage entre 1698 et 1807, avec des navires transportant  plus de 500 000 personnes en provenance d’Afrique vers le travail forcé dans les Amériques.

Docteur en histoire de l’université La Sorbonne en France en 2005, Otélé devenait en 2018, la première femme noire professeure d’histoire d’Angleterre. Elle est notamment Présidente d’une chaire d’histoire à l’université britannique Bath Spa.

Elle a aussi examiné la manière dont la France et la Grande-Bretagne ont abordé les questions liées à la citoyenneté, la race et l’identité à travers la politique de la mémoire. Elle s’interroge sur la valeur des gestes publics, la signification de l’histoire publique et l’impact de la mémoire culturelle. Elle évoque également d’autres sujets comme l’histoire des afrodescendants, leur identité, leur « race » et la cohésion sociale en Grande-Bretagne et en France.

Multilingue, Olivette Otélé parle français, anglais, Allemand et trois langues Bantu du Cameroun: Ewondo, Eton et le Bulu.

Par son travail, la professeure Otele espère unir tous les habitants de Bristol afin de construire une société plus égalitaire, faciliter un dialogue, et d’identifier la manière dont la Grande-Bretagne analyse, reconnaît et enseigne l’histoire de l’esclavage.

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