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Belgique

Une loi punissant la négation du génocide Tutsi est en préparation au MR

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Sanctionner toute personne qui nie, minimise, justifie ou approuve le génocide…

Indéniablement calquée sur la loi Gueyssot en France, le MR (Parti politique belge de droite) sous l’impulsion d’associations de rescapés du génocide Rwandais souhaite punir toute contestation historique liée à ce passage sombre de l’histoire rwandaise.

Pour rappel, la loi Gueyssot sanctionne toute personne qui nie, minimise, justifie ou approuve le génocide des Juifs commis par les nazis durant la IIe Guerre mondiale. 

Le député MR, Gilles Foret qui tient les manettes de cet épineux chantier, précise tout de même qu’il viserait explicitement les massacres commis sur les Tutsis et les Hutus modérés. Si le député en question se dit ouvert à la discussion, il n’en demeure pas moins que ce projet de loi pousse à de sérieuses interrogations au sujet des intentions réelles du Mouvement Réformateur. Quel en est le but ultime à l’heure où le Rwanda est lancé dans une dynamique de reconstruction sociale et économique sans précédent en Afrique? Qu’est ce qui justifie de réveiller des démonts 20 ans plutard, en plein transit générationnel? 

Un préalable à la censure d’idées? 

Adopter une telle loi suppose l’existence officielle et un accord unanime sur l’histoire du génocide dans ses faits, de l’origine aux conséquences. Or, il est officiel cependant que journalistes, historiens et spécialistes continuent de diverger dans l’analyse l’explication et le récit des faits. Il subsiste même des doutes et des remises en questions sur les identités ethniques des auteurs et des victimes des massacres; sur la répartition du nombre de morts dans les deux camps. Sans avoir forcemment de rapport avec l’incidence de la loi, mais quand même, les responsabilités et les degrés d’implication des différents Etats, notamment la Belgique, la France, le Canada et les USA sont aussi un éternel débat qui prendrait fin en cas d’adoption d’une telle loi et au meilleur des cas, éliminerait clairement une partie des chercheurs du champ de la discussion.

Patrick Mbeko, analyste politique Congolais de renom vivant au Canada, est un de ceux dont les recherches sur le sujet ont conduit à un discours complètement dissonant, voir subversif. La loi Gilles Foret, si elle était adoptée, interdirait probablement à Mbeko la divulgation de ses recherches et de ses thèses qui imputent la responsabilité Tutsi dans ce génocide que lui qualifie de rwandais et refuse toute comparaison avec le génocide juif. 

Entre militantisme et rigueur intellectuelle, il faudra choisir. Jusqu’où ira la pensé unique?

 

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