Mode

La pleine croissance de l’Industrie de la mode en Côte d’Ivoire

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Après quelques années de tâtonnements causées par la crise Post-Electorale de 2011, l’industrie de la mode en Côte d’Ivoire a repris du service et retrouvé ses marques. 

 « On fait de notre mieux, pour exporter du made in Côte d’Ivoire, à travers le tissu africain ; surtout le pagne. Afin de donner des chances à ce pays de se hisser au rang des grandes nations de la mode. Je pense que nous sommes sur la bonne voie ».

Rassure Gilles Touré, grand créateur ivoirien.

Loza Maléombho, Lafalaise Dion et Laetitia Ky, sont la preuve par neuf des propos de leur devancier (Gilles Touré). Ces trois forces de la nouvelle génération de créateurs ivoiriens ont offert une visibilité inattendue à la mode ivoirienne sur le marché américain ces dernières années.

Loza Maléombho, Lafalaise Dion et Laetitia Ky

En 2016, les pièces de la collection de Loza Maléombho apparaissent dans le Clip « Formation » de la Chanteuse américaine Beyoncé. Cela lui permettra de connaitre le succès et les grandes scènes, d’autant plus que l’abidjanaise habille désormais l’entourage de la diva, et notamment, Solange Knowles (Sœur de Beyoncé) et Kelly Rowland, ex-partenaire de Destiny Child. 

Deux ans plus tard, une autre créatrice fait son entrée dans le Clan-Beyoncé lorsqu’une Styliste de la chanteuse tombe sous le charme de la collection (Cauris) de l’Ivoirienne Lafalaise Dion sur les réseaux sociaux. Dion va collaborer sur deux importants projets de Beyoncé : « Spirit » et « Black is king » ; une expérience qui lui ouvrira les portes de l’international. 

Laetitia Ky, quant à elle, excelle dans la haute coiffure, spécifiquement les cheveux tressés. En 2018, elle remporte le Concours d’Élite Model Look et empoche la bagatelle de 50.000 dollars. La Créatrice fait dans la foulée équipe avec Marc Jacobs sur sa première collection de sacs à main.

Pourquoi un tel succès ?

Kelly Rowland habillée par Loza Maléombho

De grands rendez-vous, réunissent chaque année, des Acteurs et professionnels de la mode en Côte d’Ivoire : Abidjan Fashion week, Afrik fashion show, les Awards de la mode, Festival international de la mode à Abidjan (FIMDA) du créateur Stéphane Mambo ; sans oublier Life Style Beauty Festival du Communicateur politique Fabrice Sewagnon.

Créateurs et mannequins ivoiriens forment une belle ossature qui maintient Abidjan au top des pays de la sous-région dans le domaine. D’autre part, la qualité de production du coton ivoirien est un récent atout pour son industrie mode. La Côte d’Ivoire est le 3ème pays exportateur de coton du continent, derrière le Mali et le Burkina Faso. Pour faire face à la concurrence, certaines entreprises se sont constituées en groupes ou Consortium et se sont engagées à structurer communément leur industrialisation, grâce notamment au programme d’appui de commerce d’intégration régionale (PACIR).

Pour son branding, ce sont cinq des mannequins les plus célèbres du pays qui sont devenus les porte-drapeaux de la mode ivoirienne à travers le monde. Melie Tiacoh, Awa Sanoko, Yannick Konan, Adonis Bosso et Alex Appia. Il est intéressant de noter qu’il existe plus d’une Cinquantaine d’Agences de mannequins à Abidjan autour desquels gravitent un nombre exceptionnel de photographes spécialisés et professionnels. Une dynamique qui a le chic de créer un univers inspirant et d’attirer à la fois investisseurs et créateurs venus d’ailleurs.

Fait marquant ; on assiste de plus en plus à un phénomène inverse de retour de créateurs d’Europe vers la Côte d’Ivoire. Le très talentueux Élie Kouame revenu de Paris il y a quelques années, s’est installé à Abidjan où il a mis en place sa propre maison de haute couture. Un bonheur qu’il ne dissimule pas, mieux, une libération d’être sorti de l’enfer parisien régit par des logiques de classes, claniques, donc discriminatoires, racistes à certains égards et dans lequel le talent n’est qu’un détail participant à la reconnaissance.

Beyonce habillée par Lafalaise Dion

Insuffisant quand même

Tout n’est pas rose cependant, loin de là, on assiste encore à une précarité des petits artisans de la mode, des difficultés à augmenter les productions, donc de s’installer à la table des concurrents des marchés internationaux. La centralisation des informations fait également défaut, difficile d’avoir une vue précise sur les activités et des évènements quand on n’est pas du milieu… Les importations légales et illégales de friperie d’Europe et de prêt-à-porter chinois représentent 80% de la part du marché global du vêtement en Côte d’Ivoire. En d’autres termes, l’industrie de la mode ivoirienne, n’habille que 20% de sa propre population.

Le pays ne dispose encore que de 45 établissements de formation, dont 3 publics. Les investisseurs privés présentent plus d’engouement que l’État qui ne ménage que peu d’efforts à la structuration et à la création d’un tissu industriel compétitif.

Une prise de conscience du potentiel économique semble arriver peu à peu aux oreilles des décideurs. En mai dernier (2021), le ministre de l’Économie et de l’Industrie Souleymane Diarrassouba, lors du lancement de Life Style Beauty Festival, a déclaré la volonté du gouvernement de soutenir désormais l’industrie de la mode.

« L’industrie de la mode est une réalité en Côte d’Ivoire : c’est pourquoi l’état compte renforcer ses initiatives les prochaines années en faveur de ce secteur ».

Rien de plus qu’une promesse certes, mais à saluer tout de même, car le secteur est un excellent pourvoyeur d’emploi, d’expression et d’émancipation culturelle pour les populations.

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