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Belgique

Jocelyne Béroard: « Patrick saint Eloi nous manque mais Kassav reste Kassav »

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Nous sommes allés à la rencontre du visage féminin le plus connu du monde zouk.

Jocelyne Béroard est une figure emblématique de la chanson mondiale, la voix féminine du groupe Kassav, créateur du zouk. Après une heure et demi de concert live sur la scène bruxelloise de couleur café, Jocelyne Béroard aborde avec nous la situation du nouveau zouk, des nouvelles mouvances qui se revendiquent du zouk et le groupe depuis la mort de Patrick Saint Eloi. A 61 ans, Jocelyne Béroard n’a rien perdu de sa voix, de son charme et de son punch. Entretien…

Quel regard portez-vous sur le zouk actuel?

Il y a des choses intéressantes, il y en a qui le sont bien moins. Il y a beaucoup d’artistes qui tombent dans la variété française. Quand on nous écoute, on sait très bien qu’on ne fait pas la musique traditionnelle de chez nous. Il faut pouvoir avoir une certaine modernité sans perdre son essence, sa couleur, son origine, oublier qui on est. Dans la mesure où les gens veulent être absolument à la mode, aller à tout prix dans une direction parce que c’est celle en vogue pour le moment… c’est un choix artistique, économique aussi.

Vous avez créé le zouk, vous devez être choqué d’entendre tous ces courants qui se revendiquent du zouk.

Nous avions nous, fait le choix de créer une musique qui ressemble aux gens de chez nous, et qui puisse être exportée dans le monde entier. Nous y sommes arrivés! Pour le reste, les gens font ce qu’ils veulent, ce n’est pas un problème, je ne peux pas porter un jugement en disant qu’ils ont dénaturé, NON, ils en ont fait ce qu’ils voulaient en faire. Nous avons créé le zouk, mais les gens en font ce qu’ils veulent. Moi ce que je souhaite, c’est que ce style ne périclite pas, qu’il ne meurt pas parce qu’on aurait pas su le faire évoluer positivement.

Quel est l’artiste qui incarne le mieux votre style?

Kassav c’est kassav, on ne demande pas aux gens de faire du kassav, on leur demande de faire de cette musique qu’elle perdure, c’est tout. Si ils imitent kassav, ils n’auront aucune originalité. Il faudrait que chacun fasse son zouk. Il ne faudrait pas que ce soit plus RNB que zouk par exemple. Nous avons mis du RNB dans notre musique, on l’a fait tout en restant complètement Zouk. Il faut garder son essence quand on ose des mélanges. Je n’ai pas le pouvoir de dire qui est le remplaçant de Kassav, c’est le public qui décide, c’est lui qui juge.

Qu’est ce que Kassav aujourd’hui sans Patrick St Eloi?

Kassav reste Kassav, Patrick nous manque, il est irremplaçable, il avait un style propre à lui, mais nous restons Kassav.

Avez-vous conscience de votre impact sur des générations en Afrique?

Oui, en Afrique, en Amérique du sud et ailleurs… je pense que c’est le lot de pas mal d’artistes. Bob Marley c’était pareil… on en a conscience parce qu’on nous le dit souvent. Ceci dit, j’arrive toujours à rentrer dans mes baskets, mon nez n’a pas enflé, tout va bien 🙂

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