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L’écrivain Tierno Monénembo, une forte plume à découvrir (vidéo)

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« il y a de nouvelles générations, qui ne se laisseraient pas coloniser comme ça, comme nos grands-pères l’ont fait ».

Tierno Monénembo est un écrivain guinéen et opposant politique, lauréat de plusieurs prix littéraires. En 2008, il a reçu le prix Renaudot pour son livre Le Roi de Kahel. En 2012, le prix Erckmann-Chatrian et le Grand prix du roman métis pour Le Terroriste noir. En 2013, le Grand prix Palatine et prix Ahmadou-Kourouma pour Le Terroriste noir. Et enfin en 2017, la carrière de Tierno Monénembo a été couronnée du Grand prix de la francophonie de l’Académie française.

Nous avons eu l’honneur de le rencontrer à la Foire du Livre de Bruxelles en février 2018, où il était invité au Pavillon des Lettres d’Afrique-Caraïbes-Pacifique (un pavillon littéraire fondé en 2017 à Paris), pour lequel il a donné plusieurs conférences. Sur la portée de cette initiative d’une mise à l’honneur de l’Afrique, l’écrivain confie ceci:

C’est une source de satisfaction pour moi, en tant qu’écrivain mais aussi en tant qu’Africain. (…) Quand j’ai commencé à écrire, la littérature africaine était encore assez marginale. Elle commence à avoir sa place, elle est reconnue aujourd’hui dans le monde entier, traduite, valorisée.

La mondialisation n’a pas que du mauvais, si elle se fait au niveau culturel, ce serait une très très bonne chose – parce que la mondialisation économique toute simple, ce serait la généralisation de la barbarie. (…) Tant que la migration est humaine et culturelle, c’est une bonne chose. Il faut bien que les gens se rencontrent. On ne peut plus vivre chacun dans son village, c’est fini ça. Le monde a changé, l’interdépendance est un fait général.

Reconnu pour sa plume, Tierno Monénembo met également son talent au service de son engagement politique et de son indépendance de pensée. Lorsqu’il nous parle de son sentiment quant à l’Afrique de demain, l’optimisme l’emporte.

L’Afrique est une énigme. (…) C’est 55% des réserves de matières premières, c’est le quota le plus jeune du monde, 50% des Africains ont moins de 15 ans! Il y aura quelque chose mais quoi? Toutes les grandes puissances du monde se tournent vers l’Afrique. C’est là-bas qu’il y a les mines. Regardez, la Chine est aujourd’hui le premier partenaire économique de l’Afrique.

En Europe, le regard colonial est en train de se dissiper de plus en plus. D’une part, parce qu’il y a de nouvelles générations en Europe qui n’ont pas connu la colonisation ni l’esclavage. En plus, parce qu’en Afrique aussi il y a de nouvelles générations, qui ne se laisseraient pas coloniser comme ça, comme nos grands-pères l’ont fait. Quelque chose de très fort va se produire en Afrique. (…) Je suis convaincu que dans les 20, 30, 40, 50 ans l’Afrique sera une des données économiques et culturelles de l’univers.

Découvrez ci-dessous l’intégralité de notre interview où le grand auteur partage également sa vision sur les migrants « ses Ulysse des temps modernes (…) ce ne sont pas des suicidaires, ce sont des téméraires, ils affrontent le monde hostile devant eux, pas à armes égales mais à volonté égale ». Et sur certains dirigeants africains « égoïstes, inconscients, sans aucun sens du patriotisme ».

 

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