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Espoirs et désespoirs de l’industrie musicale sénégalaise

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Les années 80 ont été un début remarquable de l’éclosion de la musique sénégalaise. C’était l’apparition des premiers studios d’enregistrement et un début d’exportation vers l’étranger des œuvres musicales. Les premières vedettes internationales voyaient le jour, un vent nouveau soufflait sur le pays.

Aujourd’hui, la musique sénégalaise aurait pu devenir une des références africaines par sa structure « industrielle » et son organisation. Pourtant, il existe une prise de conscience collective d’une économie musicale dans le pays qui a désormais vulgarisé l’expression « artistes entrepreneurs », surtout chez les rappeurs.

La digitalisation des activités musicales est au rendez-vous depuis peu, avec l’apparition de plateformes culturelles dont les plus connues : « Kandang » et « Musikbi ». On observe une forte dominance des styles mbalax, hip-hop et rap dont les artistes sont de plus en plus visibles, car plus imprégnés des nouveaux codes de communication musicale contrairement aux communautés jazz, afro fusion et reggae. C’est en terre sénégalaise qu’est organisé tous les ans, le premier festival hip-hop et arts urbains d’Afrique de l’ouest, « FESTA 2H ». Un évènement gratuit au retentissement continental, qui a le don d’apporter du sang neuf dans l’univers hip-hop sénégalais. Depuis quelques années, le festival Salam a été lancé par l`éminent chanteur Youssou NDOUR. Ce festival est arrivé booster l`économie musicale du chant religieux.

Quel modèle économique face à l’abandon de l’Etat ?

Au Sénégal comme dans la plupart des pays du continent africain, l’espoir et la possibilité pour les artistes de vivre de leur musique sont de plus en plus grandissants et pris au sérieux par les artistes qui ne négligent aucune piste. La rémunération via les droits d’auteur étant trop complexe, trop politique, on mise tout sur les cachets de concerts de plus en plus nombreux étant donné la multitude d’évènements qui voient le jour ; et sur les systèmes de sponsoring et de streaming pour les artistes présents sur les plateformes mondiales. Cependant, seuls 30% à peine d’artistes réussissent à tirer leur épingle du jeu et parviennent à se rémunérer. Le rôle de régulateur et d’organisateur a été complètement laissé à l’abandon par l’État. Peu, voir aucun soutien, sauf récemment, lors de la crise sanitaire, le gouvernement a débloqué une enveloppe de plusieurs millions d’euros (merci covid-19 ?) en soutien à tout le secteur.

L’autonomie de l’artiste musicien sénégalais reste un grand débat dans ce pays qui se contente des soutiens d’agences de coopération avec les limites qu’on leur connait (choix eurocentrés, absence de pérennité…)

Si l’industrie musicale sénégalaise connait une forme de croissance fuyante, les pépites telles que  Wally SECK, Dip Doundou Guiss, Pape DIOUF, NGAKKA BLINDE, ne doivent certainement pas, du moins pour l’instant, leurs succès au ministère de la Culture, ni à la Société sénégalaise du droit d’auteur et des droits voisins (SODAV), encore moins au bureau sénégalais des droits d’auteur (BSDA) ou à L`ARTP qui gagneraient à se réinventer pour le bien de la culture sénégalaise, de ses artistes et de l’ économie de l’ensemble du pays.

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